Départ de Bielsa : tous coupables ?

Ces dernières heures, les débats font rage afin de désigner le coupable de la situation olympienne. Tour à tour, Margarita Louis-Dreyfus, Vincent Labrune et Marcelo Bielsa sont affublés de quolibets péjoratifs. Néanmoins, chacun des protagonistes n’a-t-il pas sa part de responsabilité ?

Margarita Louis-Dreyfus et Vincent Labrune

Margarita Louis-Dreyfus

Après l’ère Didier Deschamps, qui a permis d’engranger des titres mais qui s’est terminée en eau de boudin, on ne peut pas dire que les résultats sportifs (et financiers) de l’OM aient été convaincants. On peut avant tout reprocher à la propriétaire son niveau d’implication dans le club, en particulier son manque d’investissements et d’ambitions, et ses arbitrages approximatifs. Plutôt que des historiques du club, elle préfère placer des hommes de confiance aux postes clés. Or, deux d’entre eux, Igor Levine et Philippe Pérez, paraissent être à l’origine du départ de Marcelo Bielsa. Il serait surtout intéressant de savoir si, depuis 1997, les Louis-Dreyfus ont réellement perdu de l’argent avec le club, et si ce dernier est réellement à vendre. La cote de popularité de MLD est en tout cas en chute libre : la veuve de RLD n’est pas loin de faire l’unanimité contre elle, à la fois dans la presse et chez les supporters.

Vincent Labrune

S’il apporte indéniablement de l’énergie, en particulier en période de mercato, et quelques idées innovantes, le patron de l’OM est pointé du doigt pour sa gestion. On pense notamment aux négociations de prolongation des joueurs, systématiquement entamées trop tard, et à certains bras de fer au scénario alambiqué, comme ceux avec Morgan Amalfitano, l’an passé, ou Dimitri Payet, cet été. Sa méthode de communication reste floue et le natif d’Orléans manque clairement de présence lorsque Jean-Michel Aulas traîne le club dans la boue. Enfin, à la longue, les intervenants anonymes livrant des exclusivités aux quotidiens font grincer des dents. VLB, prend-il réellement toujours ses responsabilités ? Dans l’affaire Bielsa, outre un certain déficit de poigne, il est malgré tout difficile de lui reprocher grand-chose. Avec courage et confiance, le président a paru tout faire pour mettre l’Argentin dans de bonnes dispositions, lui donnant même les clés du club.

Marcelo Bielsa

En quelques mois, le technicien rosarino a rendu leur fierté aux Marseillais et sa ferveur au Stade Vélodrome. Il est parvenu à remettre au travail un groupe de footballeurs particulièrement dissipés, et à allier spectacle et succès, au grand plaisir des supporters. Sa personnalité ayant séduit, il a atteint un niveau de popularité absolument incroyable au sein de la ville phocéenne. Pour autant, on peut s’interroger sur les réelles motivations de son départ, alors qu’il paraît avoir sérieusement négocié, ces derniers mois, avec West Ham, Leicester, l’Arabie Saoudite ou le Mexique. Jan Van Winckel semblait convaincu qu’il n’allait pas rester, lorsqu’il a pris la décision de lui-même partir. Enfin, s’il a pris le temps d’appeler les groupes de supporters pour expliquer sa décision, il est difficile d’accepter qu’il puisse lâcher ainsi ses joueurs, au soir de la première journée du championnat. On note également qu’il se préoccupe bien peu du sort du club, désormais dans une situation très compliquée.

La page est tournée et il est plus constructif de s’intéresser à l’avenir du club plutôt qu’au lynchage d’un entraîneur, d’un président ou d’une actionnaire. S’il est évident qu’un changement de main sera nécessaire pour que l’OM retrouve une dimension « européenne », l’institution se remettra du départ d’El Loco. Espérons que les fans se remettront rapidement à rêver.

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