Roberto De Zerbi aurait sérieusement envisagé de partir de l’OM dès la défaite à Lyon, fin août 2025. Medhi Benatia raconte avoir dû le convaincre de rester plusieurs mois avant la rupture définitive.
Roberto De Zerbi a lâché l’OM en pleine saison. L’Italien, apparemment pas convaincu de l’implication de ses joueurs, est parti alors même que le club avait encore toutes les chances de finir sur le podium. Une décision que beaucoup de supporters n’ont toujours pas digérée.
Mais dans un entretien accordé à France Football, Medhi Benatia révèle que la première grosse alerte est arrivée très tôt. « En début de saison, après Lyon (0-1, 31 août 2025), De Zerbi était furieux et voulait déjà partir. Je lui avais dit : “Calme, on va y arriver”. »
Le lendemain, l’OM bouclait les arrivées de Nayef Aguerd, Emerson et Benjamin Pavard. « Il est content », raconte Benatia, mais la tension ne disparaît pas pour autant.
Benatia a longtemps tenté de le retenir
Au fil des mois, l’ancien directeur sportif dit avoir vu De Zerbi s’épuiser face aux réponses de son équipe. « Quand on reçoit Nantes, il finit sa causerie, il transpire, il a les yeux rouges, il est dans un état second. Même moi en costume j’ai envie de jouer. Sur le terrain, ce que tu vois ne va pas avec son discours : pas une course vers l’avant, pas un duel gagné… »
Benatia raconte aussi avoir directement interrogé plusieurs cadres lors du stage à Clairefontaine. « Je parle avec Kondo, Højbjerg, Balerdi, Auba. “On ne peut pas foutre la saison par terre. Le coach est mon ami mais si vous avez un problème avec lui, dites-le, je trouve une solution. Si c’est avec moi, je m’en vais. Si c’est autre chose, je suis là. Mais dites-moi pourquoi vous choisissez vos matches !” »
Selon lui, les joueurs n’ont alors désigné ni De Zerbi ni Benatia comme responsables. « “On n’a pas de problème, on ne comprend pas nous non plus, c’est dur.” Ils sont partis voir le coach : “Reste, on a besoin de toi.” » Benatia, lui, ne cache pas son incompréhension : « Comment ça, tu l’adores ? Tu ne l’écoutes pas ! »
« Tu peux partir. C’est notre échec, je pars avec toi »
Après le 5-0 contre le PSG, Benatia comprend que De Zerbi ne veut plus continuer. « Quand il veut partir, je le comprends et lui dis : “Je suis dégoûté, mais tu as raison.” »
Benatia ne tente alors plus de le convaincre de rester, contrairement aux mois précédents. « Après Paris, non. […] Je lui ai dit : “Tu peux partir. C’est notre échec, je pars avec toi.” » La séparation de février apparaît ainsi comme l’aboutissement d’une rupture amorcée dès l’été et devenue irréversible après la débâcle au Parc.
Aucun dirigeant ne semble avoir réellement mesuré ce qu’impliquerait un départ de Roberto De Zerbi alors que l’OM avait été construit presque entièrement autour de lui.










