Les 55 fédérations européennes ont durci le ton face au projet FIFA Forward Enterprise. Elles menacent de retirer leurs sélections des compétitions organisées par la FIFA si l’instance mondiale ouvre sa future structure commerciale à des capitaux privés.
Le conflit entre l’UEFA et la FIFA vient de franchir un cap. Réunies en urgence, les fédérations européennes ont adopté une position commune particulièrement ferme : aucune sélection du continent ne participerait aux épreuves de la FIFA tant que ce projet resterait sur la table. Les Coupes du monde, la Coupe du monde des clubs et les autres compétitions internationales seraient directement concernées.
Le projet contesté, baptisé FIFA Forward Enterprise, doit regrouper les revenus issus des droits médias, du sponsoring, de la billetterie et des licences commerciales. La FIFA présente cette nouvelle entité comme un moyen d’augmenter fortement les ressources destinées au développement du football, avec un objectif de 10 milliards de dollars sur quatre ans. Les 211 fédérations membres pourraient toucher jusqu’à 20 millions de dollars chacune.
Un projet jugé trop opaque
L’UEFA conteste autant le contenu du projet que la manière dont il a été mené. Aleksander Čeferin a dénoncé un processus conduit « en secret », estimant que les grandes décisions sur le calendrier international, le format des compétitions et l’avenir du football risquaient désormais de répondre aux intérêts d’actionnaires plutôt qu’à ceux du jeu.
En arrière-plan, la proximité de Gianni Infantino avec Donald Trump et l’intérêt supposé du fonds Thrive Eternal, lié à Joshua Kushner, nourrissent les inquiétudes européennes. L’UEFA redoute qu’une partie du football mondial bascule vers une logique financière encore plus marquée, au détriment des fédérations et des compétitions nationales.








