Auditionné ce mercredi devant la Commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport du Sénat, Nicolas de Tavernost est revenu sur la crise des droits TV du football français et la situation de Ligue 1+.
Le directeur général démissionnaire de LFP Media a estimé à environ 100 millions d’euros les pertes liées au piratage. Selon lui, sans ce phénomène, la plateforme pourrait compter jusqu’à 400 000 abonnés supplémentaires. « C’est un fléau », a-t-il déclaré, rappelant que la moitié des signalements traités par l’Arcom concernent la Ligue 1.
Une plateforme encore fragile malgré la croissance
Lancée en août 2025, Ligue 1+ compte actuellement un peu moins de 1,1 million d’abonnés. Environ 70 % des utilisateurs passent par des services de streaming, contre 30 % via les fournisseurs d’accès internet. LFP Media espère dépasser les 1,3 million d’abonnés la saison prochaine grâce à la diffusion de l’ensemble des matchs, ce qui pourrait générer une hausse estimée à 30 %.
Malgré cette progression attendue, les revenus restent sous tension. Les gains supplémentaires ne compensent pas totalement la perte des accords précédents avec beIN Sports et DAZN.
Coupe du monde 2026 : des négociations manquées
De Tavernost est également revenu sur l’échec des discussions autour des droits de diffusion de la Coupe du monde 2026, finalement attribués à beIN Sports. Il a regretté un processus interrompu alors que le projet avait été validé par les clubs.
Interrogé sur un possible conflit d’intérêts lié au PSG et à Nasser al-Khelaïfi, également impliqué dans beIN Media Group, il a évoqué « des conflits d’intérêts potentiels ». Il a aussi regretté le manque de soutien des instances françaises dans ce dossier.
Enfin, l’homme d’affaires a reconnu que les droits domestiques resteraient fragiles pour la saison 2026-2027 et qu’un recours au fonds de réserve pourrait être nécessaire pour stabiliser les revenus.






