Politique, influence et ingérence : la polémique Payan

Mason Greenwood était proche de rejoindre l’OM. L’intervention de Benoît Payan l’aurait refroidi (temporairement ?). Voici quelques éléments et réflexions sur le dossier.

Samia Ghali, Benoit Payan © Icon Sport

Ce mardi, Benoît Payan a endossé le costume de président de l’OM et aussi celui de juge. Le maire socialiste a demandé à l’OM de ne pas recruter Mason Greenwood, après avoir pris connaissance de son accusation de 2022, à la volée, sur les réseaux sociaux. Quelques images ont suffi pour qu’il mette en cause l’abandon des charges prononcé par la justice anglaise, dans une affaire de violences conjugales et de tentative de viol datant de 2022 (qui n’a donc rien d’anodine).

« Mason n’avait pas commis les infractions pour lesquelles il avait été inculpé »

Nous ne connaissons pas le dossier, et nous ne prendrons pas parti ici ! Mais il faut rappeler que Manchester United avait diligenté une enquête interne, qui s’est conclue par la publication d’un communiqué en août 2023 : « Sur la base des éléments de preuve dont nous disposons, nous avons conclu que le matériel mis en ligne ne donnait pas une image complète de la situation et que Mason n’avait pas commis les infractions pour lesquelles il avait été inculpé à l’origine. Cela dit, comme Mason le reconnaît publiquement aujourd’hui, il a commis des erreurs dont il assume la responsabilité.

Toutes les personnes impliquées, y compris Mason, reconnaissent qu’il est difficile pour lui de reprendre sa carrière à Manchester United. Il a donc été convenu d’un commun accord qu’il serait plus approprié pour lui de le faire loin d’Old Trafford, et nous allons maintenant travailler avec Mason pour parvenir à ce résultat. »

L’OM fait confiance à la justice

En interne, l’OM aborde ce dossier avec une certaine hauteur. Le club ne se considère pas en situation pour juger l’international anglais sur sa vie personnelle (d’autant qu’il est toujours en couple avec l’ex-plaignante, avec qui il a eu un enfant).

Il faut savoir qu’avant chaque transfert, les dirigeants vérifient que l’état d’esprit des recrues soit compatible avec les valeurs du club : il leur est demandé de s’engager dans les causes qu’il défend comme le vivre ensemble, le soutien des enfants malades, ou encore la lutte contre les violentes faites aux femmes (combat que nous partageons bien sûr avec l’institution olympienne). Dans cette affaire, l’OM fait donc confiance à la justice, qui a choisi de laisser libre le joueur. Et l’on peut constater sur les réseaux sociaux que certains sondages sont favorables à la venue du joueur (au contraire de ce qu’ont relayés certains médias).

Benoît Payan a peut-être anéanti en quelques minutes un travail de négociation de plusieurs semaines. Tout maire de Marseille qu’il soit, est-il dans son rôle ? Serait-il intervenu avec un président à poigne comme Bernard Tapie ? Connait-il suffisamment le dossier pour remettre en cause l’institution juridique anglaise… ? La confiance envers les institutions est essentielle pour le fonctionnement de toute société démocratique. Voir un politique trahir ce principe est surprenant.

Le journaliste Gianluca Di Marzio fait savoir ce mercredi soir que le dossier est désormais en stand-by. D’autres sources pensent que le joueur pourrait tout de même venir. Les dirigeants de l’OM travaillent en tout cas à rattraper la situation.

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