La semaine phocéenne : de la Terre à la Lune

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L'enthousiasme marseillais, la satisfaction de Gerets, le bal des louanges, la large victoire face à Moscou, la détermination des Parisiens, l'impatience des Phocéens, la rumeur Bobo, la prise de conscience de Gerets, les mises à feu de Diouf et Anigo, le premier contrat professionnel de Sabo, la victoire dans le classico. A l'inverse de bien des périodes de son histoire, l'OM se trouve dans une spirale positive et se prend de nouveau à rêver de Ligue des Champions pour l'an prochain.

Lundi 11 février : malgré tout son talent, Hugo Lloris n'a pu empêcher la défaite de son équipe. Il donne son point de vue sur son homologue phocéen : "Steve Mandanda ? A l'image de l'OM, solide. Avec la baraka qu'il faut !" Ce dernier refuse néanmoins de se mettre en avant : "ce qui m'importe le plus, c'est le résultat de tout un collectif. Mon cas personnel est loin d'être essentiel." Laurent Bonnart ajoute : "on a eu la maitrise collective du match. On a fait preuve de beaucoup de réalisme et de solidarité. L'esprit est là, on prend du plaisir à faire les efforts ensemble. C'est encore un pallier de franchi. Il y a un état d'esprit irréprochable en ce moment." Habituellement si perfectionniste, Eric Gerets se lâche enfin : "je crois que tout a changé, absolument tout ! Quand je suis arrivé, ils avaient peur de jouer au Vélodrome. Aujourd'hui, ils sont heureux d'évoluer sur leur pelouse. Au début, ils avaient peur de donner une passe à cinq mètres, ils ne savaient pas garder un ballon plus de trois passes consécutives ! Aujourd'hui, on a vu qu'on savait conserver le ballon et jouer à une ou deux touches de balle. On commence aussi à mieux défendre. Il y a moins d'espaces entre les lignes. On ne va pas dire que c'est la gloire ! Mais lorsqu'on regarde de là où on est parti et où on en est aujourd'hui, le changement est assez conséquent." Pape Diouf mesure également toute l'importance de cette victoire mais reste prudent : "notre objectif, je ne l'avais pas revu à la baisse lorsque nous avions été jugés et condamnés très vite, je ne vais pas, au bénéfice de cette victoire sur Nice, verser dans l'euphorie. Un championnat se juge sur 38 journées et pas sur une petite série. Nous évoluons à un niveau plus conforme avec nos moyens." Djibril Cissé se sent repousser des ailes : "j'essaie de faire le boulot devant et d'aider l'équipe défensivement. Un attaquant marche souvent au mental, et, en ce moment, je suis bien mentalement. On est en réussite actuellement et on espère que ça va continuer. Samir Nasri va revenir et apporter sa pierre à l'édifice. Je pense que l'on va être très compétitif et très dangereux."

Mardi 12 février : Elliot Grandin prend peu à peu ses marques à la Commanderie. Il entend prendre exemple sur le parcours de Mathieu Valbuena : "il fait de gros matches, il explose en ce moment et il prend du plaisir sur le terrain. Il peut être un exemple pour moi car je viens, comme lui, d'une division inférieure. Mathieu est un joueur important de l'effectif marseillais et c'est bien qu'il soit en pleine forme." José Anigo ajoute : "je suis émerveillé par Mathieu. Il pousse la barre un peu plus haut à chaque fois. Il a tout ! Il est tellement gentil, il garde les pieds sur terre. Il mérite tous ces éloges car il revient de loin. Je ne sais pas où il va s'arrêter." Par ailleurs, André Ayew et Modeste M'Bami rentreront demain à Marseille et Samir Nasri fait parti du groupe mobilisé pour la réception du Spartak Moscou. Benoit Cheyrou livre sont point de vue sur cette rencontre : "on va tout faire pour obtenir le meilleur résultat possible dès mercredi. Plus que de marquer beaucoup de buts, je dirais surtout qu'il ne faudra pas en prendre. La qualification peut se jouer au match aller, sur un but pris à domicile. On va essayer de faire le meilleur match possible à l'aller, puis gérer au retour." Le coach moscovite, Stanislas Cherchesov, parle de son adversaire : "l'OM reste une très grande équipe, mais demain, c'est un tout autre match qui commence pour le Spartak. Le contexte est totalement différent." Elie Baup prévient les Marseillais : "ils évoluent dans un 4-4-2 très bien organisé. Ils sont capables d'attendre, de tenir le ballon, de gérer le match... C'est une formation très technique. Les Marseillais ont les arguments pour contrarier cette équipe." Lorik Cana l'entend de la même oreille : "j'ai déjà beaucoup joué contre des équipes russes et je sais qu'ils sont toujours là physiquement, ils sont très rigoureux et disciplinés. Je ne pense pas que ce sera un détail qui jouera beaucoup demain ou au match retour." Enfin, Eric Gerets fait preuve de curiosité : "je suis très curieux de voir quelle va être la réaction de mes joueurs parce que c'est un match qui va nous permettre de franchir un palier supplémentaire. En face il y aura beaucoup de bons joueurs, ils ont un bon jeu collectif... Ils sont rapides, courent dans tous les sens mais dès qu'ils perdent le ballon, ils reprennent tout de suite leur position. Ce que j'ai vu d'eux m'a impressionné."

Mercredi 13 février : jour de match ! Laurent Bonnart savoure chaque instant de cette période dorée : "la Ligue des Champions c'est un parfum exaltant, mais je ne peux pas comparer car je ne connais pas l'UEFA. Cela reste un rendez-vous européen. A 28 ans, j'ouvre les yeux sur beaucoup de choses. Je croque dedans." L'ancien manceau refuse néanmoins de se mettre en avant : "je ne suis pas à la recherche de la gloire. Il y a des choses simples pour trouver la reconnaissance comme une franche poignée de main d'un partenaire. Je n'ai pas besoin de voir ma tête tous les jours dans les journaux pour faire mon boulot." Mathieu Valbuena salue une nouvelle fois le travail d'Eric Gerets : "il nous a inculqué de nombreuses valeurs à son arrivée. Il nous a demandé d'être rigoureux à l'entraînement. La réussite démarre de là (...) il nous a inculqué la discipline tactique." Il ajoute : "je suis heureux de ce que je fais à l'OM. Ca marche pour le club et ça marche pour moi. Petit à petit, j'essaie de m'imposer." L'Olympique de Marseille s'impose magnifiquement 3-0 contre le Spartak Moscou. Benoit Cheyrou, Taye Taiwo et Mamadou Niang sont les buteurs phocéens.
Jérome Alonzo a déjà la tête au match de dimanche face à son ancien club olympien : "je le dis clairement et très honnêtement, Marseille est favori pour ce match. C'est logique et statistique. (...) Maintenant, le classico est toujours particulier. Est-ce que cela va niveler les valeurs, nous le verrons bien. Ce qui est certain, c'est que les gars seront prêts. Si la pression n'est pas encore là, j'ai l'intime conviction que tous répondront présent dimanche soir. Le fait que nous soyons outsiders n'est pas plus mal." Souza, nouveau venu dans la capitale, se prépare du mieux possible : "je sais que c'est un match très important face à Marseille. Cependant, pour moi, la priorité aujourd'hui c'est que l'équipe soit bien classée, que l'on joue bien et que l'on prenne le maximum de points pour être le plus haut possible au classement. Ce match va effectivement me rappeler les affiches que j'ai connues au Brésil. Pour préparer ce genre de match, il faut surtout bien s'entraîner la semaine qui le précède. Si nous travaillons bien à l'entraînement, logiquement nous devrions bien jouer face à Marseille." Zoumana Camara est déterminé : "l'objectif est clair : la victoire !" Enfin Alain Cayzac n'a pas souvenir du nombre de demandes de places lors des classicos précédents et se contente de bien peu : "quand je vois que les Marseillais vont jouer à guichets fermés, je me dis que les OM-PSG ont gardé leur saveur."

Jeudi 14 février : J-3. Les Marseillais ont le sourire suite à leur victoire éclatante de la veille. Eric Gerets garde les pieds sur terre : "ce serait injuste de ne pas être satisfait. On est dans une bonne position mais on ne sait jamais. On va jouer sur un terrain synthétique, ce n'est pas évident. On verra bien." Benoit Cheyrou ajoute : "ça fait plaisir de gagner 3-0 et, en plus, de marquer au Vélodrome. On poussait depuis un moment en deuxième mi-temps, il fallait que ça rentre. Ca fait plaisir d'ouvrir le score. Ensuite, on a montré que l'on jouait bien à domicile et que l'on pouvait marquer pas mal de buts. C'est de bon augure avec le match retour." L'ancien auxerrois est impatient d'être à dimanche : "j'ai hâte de découvrir ce match au Vélodrome. J'avais été assez déçu par l'ambiance au Parc, que je n'avais pas trouvé très particulière lors du match aller, pas très différente, en tout cas, des matches que j'avais joués avec Auxerre ou Lille. Là, je m'attends à vivre quelque chose d'extraordinaire, et là en tant qu'acteur principal. Je suis content de vivre ça !" Le président phocéen appelle également ses joueurs à se reconcentrer sur le classico : "Paris viendra motivé et se prévaudra d'être l'outsider pour faire de nous les favoris et nous mettre une forme de pression. A nous de déjouer cela en étant volontaire et en montrant le meilleur OM possible face au PSG." Il ne craint pas d'incidents mais allume les supporters parisiens : "ici, on peut avoir des turbulences, parfois des débordements, voire quelques excès, mais il n'y a pas de public haineux comme on peut le voir à Paris. (...) On sait qu'il y a là-bas une bande organisée, dont les membres se réclament du "supportisme" mais qui ne sont que des brigands de stade." Il poursuit : "Cayzac dépassionne le débat, c'est la voie la plus sage mais il serait quand même bien dommage de déposséder cette affiche de son poids de passion. Les OM-PSG sont nécessaires au football français, car ce sont les deux clubs les plus populaires de notre pays." Ronald Zubar, Julien Rodriguez et Karim Ziani sont forfaits pour ce match. L'entraîneur phocéen veut quant à lui simplement l'emporter : "je sais bien que pour les supporters c'est quelque chose d'unique et c'est pour cela qu'on va essayer de gagner ce match. Mais on essaye également de gagner pour les autres matchs !"
Avec 99 millions d'euros de chiffre d'affaire, l'OM se situe à la 19ème place des clubs les plus riches du monde. Il reste toutefois à des années lumière du leader madrilène et de ses 351 millions d'euros.

Vendredi 15 février : J-2. Le classico est désormais dans toutes les têtes. Pedro Miguel Pauleta estime que Paris a ses chances : "dans un derby, il n'y a pas de favori. Maintenant, Marseille est en confiance, l'équipe joue bien et marque des buts. Le match de dimanche sera différent, ils auront la pression devant leur public. Ce sera sans doute une rencontre fermée." Bertrand Layec, qui arbitrera la rencontre, ne cache pas sa satisfaction : "ce sont des matchs particuliers qui sont, malgré tout, à vivre pour un arbitre de foot. Dans ces rencontres, les ambiances sont surchauffées. La protection des joueurs est maximale lors de l'entrée sur la pelouse. Quand on est arbitre, on adore ce genre de rencontre où la tension est palpable. Pour moi, c'est LE match référence en France." Jérome Rothen estime que le classico vaut de l'or : "Lyon ça ne vaut pas une grande équipe à Marseille ou à Paris. Un OM-PSG ça reste très particulier. On vient faire un exploit !" Eric Gerets souligne pour sa part la parfaite intégration de Charles Kaboré : "il ne m'a pas surpris. Cup et moi étions pratiquement sûrs qu'il jouerait le match qu'il a joué. Il a montré de bonnes choses à l'entraînement. (...) C'est quelqu'un qui se sent extrêmement bien à l'OM. C'est le chouchou des autres joueurs ! Il est très positif dans son caractère. Ce n'était donc pas un risque de le mettre hier."
Par ailleurs, Samir Nasri temporise en ce qui concerne la prolongation de son contrat. Le jeune joueur déclare : "rester à Marseille si on est en Ligue des champions, avec une équipe compétitive, c'est un challenge qui peut me plaire. Je n'ai pas de nouvelles du club en ce qui concerne un éventuel renouvellement de mon contrat. Le temps presse mais je n'y peux rien. La priorité actuelle est de qualifier l'OM en Ligue des champions. On verra après..." D'autres sources expliquent qu'il refuse toutes les propositions phocéennes. La "Ribéry influence" ?
Côté transferts, les dirigeants n'auraient pas abandonné la piste Bobo comme le confirme l'agent du joueur : "on n'a pas été prévenu mais je crois que Marseille et Besiktas sont effectivement entrés directement en contact. Le transfert pourrait osciller entre 8 et 15 M€. Le Hertha Berlin, mais surtout le FC Valence sont également très intéressés."

Samedi 16 février : J-1. La tension monte d'un cran. Alain Cayzac répond aux propos de Pape Diouf : "je suis surpris et choqué à la veille d'une rencontre classée à hauts risques par les pouvoir publics ! (...) Le PSG a toujours veillé à adopter une attitude et un discours responsables en évitant les déclarations intempestives pouvant engendrer des débordements ou même des violences avant, pendant ou après les rencontres opposant le PSG à l'OM. Nous tenons à déclarer que nos supporters méritent notre respect et nous ne pouvons tolérer qu'ils soient comparés à une bande de brigands de stade." José Anigo, inspiré, prend à son tour la parole : "quand Paris vient ici, il est en terrain très hostile. (...) Marseille a un actif joueurs nettement plus important que le PSG. On a fabriqué un Drogba qu'on a vendu 37 millions à Chelsea. On a sorti Ribéry. Citez-moi des joueurs du PSG qui sont partis ces cinq dernières années avec de gros transferts. Il n'y en a pas. (...) Thiriez, pour moi, c'est toute la partie bureaucrate parisienne du football français. Je sais très bien que Thiriez, dans son coeur, n'est pas pro-Marseillais (...) En fait, il est dans un rôle de courtisan. Si ça va bien à Lyon, il est à Lyon. Si ça va bien à Marseille, il est à Marseille. Si ça va bien à Paris, il est à Paris. (...) Canal + est obligé d'aimer l'OM, car c'est son intérêt d'avoir l'OM en prime time. Mais c'est un amour par défaut." Eric Gerets révise son jugement : "je veux absolument gagner ce match. J'ai un petit peu fait le malin en disant que c'est un match comme les autres. Je commence à m'apercevoir que je n'ai pas eu tout à fait le bon sentiment. Entre le discours des journalistes, celui des joueurs et aussi et surtout des supporters, mes idées ont changé. Même dans mon petit village, on me parle de cette rencontre. C'est pour ça qu'aujourd'hui, je veux absolument qu'on gagne ce match."Paul Le Guen apprécie le jeu marseillais : "ils ont le meilleur potentiel offensif derrière Lyon. Ils ont des internationaux, une grosse force de frappe. Beaucoup les voyaient inquiéter Lyon au début de saison. Ils ont pris du retard mais ce n'est pas perdu. (...) On veut faire un bon résultat à Marseille mais on sait que cela sera compliqué compte tenu de leurs dernières prestations et de leur confiance. Mais gagner là-bas n'est pas impossible."
Jean-Philippe Sabo signe son premier contrat professionnel. Le jeune joueur a en effet trouvé un accord avec ses dirigeants.

Dimanche 17 février : jour de match ! Le temps se fait capricieux : les minutes passent comme des heures et chacun attend avec impatience le coup d'envoi de la rencontre. Seulement 823 parisiens font le déplacement jusqu'à Marseille, le record d'affluence ne sera ainsi pas battu. Quelques légers incidents ont lieu et alimentent les chroniques des journalistes surexcités spécialisés dans notre championnat national. Une fois n'est pas coutume, le spectacle sur la pelouse est d'assez bonne qualité. Franck Ribéry assiste à la rencontre depuis les tribunes. Les Olympiens maîtrisent globalement leur sujet et l'emportent logiquement 2-1 malgré une nouvelle bévue arbitrale. Taye Taiwo et Mamadou Niang sont les buteurs. Djibril Cissé est le plus prompt à livrer sa satisfaction : "il fallait gagner. Il y avait un double enjeu : c'était un match très important pour le club et les supporters, mais aussi pour le classement. Donc c'est une bonne soirée. Ca n'a pas été facile, on était mené sur un penalty discutable mais on est bien revenu dans le match et on a marqué le deuxième but avant la mi-temps qui nous a fait du bien." Mamadou Niang ajoute : "c'était important pour les supporters, on est content de leur avoir fait plaisir." Lorik Cana est quant à lui au comble du bonheur : "on a su réagir, on a fait la différence. (...) C'est un jour spécial (indépendance du Kosovo). C'était difficile sincèrement de me concentrer sur le match, il y avait tellement de joie et d'émotion. Cela fait des siècles que le peuple attend cela. Je tiens à remercier en particulier les Winners qui ont passé un petit message qui m'a fait énormément plaisir." Pape Diouf conclut : "il y a tout lieu de se réjouir. Sur le plan comptable, on continue sur notre série victorieuse. (...) Le succès a été bâti aux forceps, il faut le reconnaître malgré un but parisien entaché d'une erreur d'arbitrage. (...) Il faut rendre hommage à José que l'on critique beaucoup. C'est lui qui est allé chercher Valbuena, Kaboré et qui a beaucoup insisté pour qu'on prenne Mandanda !"
Tottenham suivrait avec attention les performances de Steve Mandanda sur lequel Fabien Barthez ne tarit pas d'éloges : "ce qui m'a plu chez Steve, ce ne sont pas ses arrêts. C'est par exemple contre Nice quand il est sorti plusieurs fois après avoir manqué notamment contre Liverpool une sortie aérienne. C'est ce genre de gardiens : même s'ils passent au travers, ils persistent."

par Meyer Lanski le mardi 19 février 2008 à 15h01
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