OM - PSG : gagner, what else ?

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Nous y revoilà ! Cette confrontation, tout le monde l'a cherchée lors de la parution du calendrier de la saison 2007-2008, même sans l'avouer publiquement. Bien entendu, ce choc n'a plus son rayonnement passé et a perdu depuis des lustres son attribut de match pour le titre. Cela n'en reste pas moins le match de l'année, autant pour les supporters que pour les joueurs. Lyonnais, Lillois ou Bordelais peuvent bien s'imaginer une popularité, la France du foot n'a d'yeux que pour l'OM / PSG. Ce n'est pourtant pas faute d'être mauvais et d'être parfois la risée de tous, mais ces deux clubs font que la Ligue 1 a encore un peu d'intérêt. Cette année encore, les Parisiens rêvent d'un exploit tandis que les Marseillais rêvent d'infliger une belle humiliation à leur meilleur ennemi. Alain Cayzac a beau vouloir calmer le jeu, et ses joueurs faire profil bas, Pape Diouf et José Anigo ont vite remis le match dans son contexte. En l'occurrence, une franche empoignade, et en mettre plein la gueule de son meilleur ennemi.

José ne laisse pas indifférent. Détesté par tous les supporters adverses, et par une bonne partie des Marseillais, il n'en reste pas moins un personnage du football français, au même titre que les Nicollin ou Courbis. Dans le genre " je parle, et je réfléchis ensuite ", notre José est un joli mélange. Un peu de Luis Fernandez pour le côté absurde, un peu d'agressivité mal placée comme Plessis, et une bonne part de franchise brute de décoffrage comme les compères Loulou et Roland. Il a beau s'être acheté une conduite, et avoir prouvé qu'il n'est pas que cet incompétent pour lequel certains veulent le faire passer, Anigo n'a pas pu résister. La réception du PSG était une trop belle occasion de l'ouvrir pour allumer un peu tout le monde. On pouvait craindre le pire, tant son style ne fait pas dans la poésie. Mais lorsqu'il place Paris, Canal et Thiriez dans son viseur, on jubile.
Pour le moustachu qui préside la Ligue, et qui se félicite d'avoir bien vendu les trois prochaines années des droits télé, Anigo reproche une attitude courtisane et intéressée. Comment ne pas acquiescer, tant l'attitude de Thiriez est ridicule. Voir l'OM revenir au premier plan est bon pour son business, et il devait faire de sacrés cauchemars en début de saison. Marseille moribond, c'est tout son fond de commerce qui s'écroule. Allez vendre un championnat où les têtes d'affiches sont Le Mans et Nancy. Thiriez a besoin de l'OM, et à un degré moindre du PSG, pour faire survivre sa L1 Orange qui n'a plus de jus.
Côté Canal, notre José n'a rien inventé en pointant du doigt l'amour par défaut que porte la chaîne cryptée aux olympiens. Même au plus mal, les Marseillais sont continuellement diffusés en prime time. Même reléguable, l'OM est en effet bien plus vendeur qu'un Lorient-Strasbourg. Alors on peut comprendre que lorsque les supporters phocéens retrouvent le sourire, d'autres y trouvent leur compte également. Il serait intéressant de connaître, sur les presque 670 millions d'Euro dépensés, le pourcentage que l'on pourrait attribuer à l'OM. Espérons qu'un jour la vache à lait marseillaise saura faire entendre sa voix, et que la libre négociation des droits puisse révéler la vraie valeur du club tandis que Lillois et Sochaliens s'engraissent malgré une popularité famélique.
Le meilleur est toujours pour la fin, à savoir le tacle aniguesque adressé par notre chauve adoré à ses amis de la capitale. Ce n'est pas un scoop, Paris sera en terre hostile au Vélodrome. Il n'aura échappé à personne que les dix dernières minutes du match de mercredi n'étaient qu'un avant goût de l'accueil qui sera réservé à Jérôme Rothen et ses comparses. Mais c'est surtout de la politique sportive parisienne dont se moque Anigo. Comment faire autrement, quand on voit la catastrophe ambulante qu'est le PSG ces dernières années. Il serait trop long de détailler toutes les erreurs, les transferts pourris, ou les matchs calamiteux. Il est même triste de voir le bilan de Cayzac, tout fier de présenter ses nouveaux Brésiliens anonymes comme les sauveurs de l'équipe. Alors bien entendu, la glorieuse incertitude du sport va peut être nous réserver une bien mauvaise surprise, mais la moins glorieuse incertitude dans la gestion du PSG nous livre tous les ans la même certitude. Paris est l'exemple à ne pas suivre si l'on veut une équipe qui gagne.

L'OM a le vent en poupe, elle inflige un tarif salé à tous ces visiteurs depuis plusieurs mois. Espérons que les enjeux de cette rencontre ne vont pas tétaniser les hommes de Gerets. Ce dernier, qui ne voyait pas la particularité de ce Classico, a bien compris l'intérêt de l'OM ce soir. Gagner, avec ou sans la manière. Car cela porterait son équipe encore un peu plus haut, au pied d'un podium de plus en plus accessible. Gagner pour continuer à avancer, voilà en quoi cette affiche a changé pour les Olympiens. Pour Paris, l'urgence est de survire. Désolé les amis, mais notre leitmotiv sera de vous défoncer. What else ?

par Yoyo73 le dimanche 17 février 2008 à 07h48
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